La pénurie de médecins à Peseux expédie les Subiéreux consulter à Neuchâtel

Jean Altwegg est le pharmacien de la Grand-Rue depuis 30 ans. Entreprenant, il préside aux destinées d’un laboratoire pharmaceutique et d’un home care de nutrition clinique. Avec la pénurie de médecins, il craint de voir Peseux devenir une cité dortoir.

En tant qu’observateur privilégié des Subiéreux et bien sûr de leur santé, Jean Altwegg est préoccupé par la diminution du nombre de médecins au village : «Quand je suis arrivé à Peseux, la commune comptait de nombreux médecins, souvent emblématiques, comme les docteurs Guillod, Studer, Matthey et j’en passe. Leurs consultations s’étalaient souvent sur de longues journées. Ils n’ont que partiellement été remplacés depuis. Parmi les nouveaux venus, plusieurs exercent par ailleurs à temps partiel», constate le pharmacien.

Peseux compte de nombreuses familles (ici lors de la fête des fontaines 2014).
Peseux compte de nombreuses familles (ici lors de la fête des fontaines 2014).

Absence de pédiatre dans un village de 6000 habitants
Mais le manque le plus aigu se situe au niveau du pédiatre. L’arrivée à la retraite du tout aussi emblématique Dr Schlaeppy a bouleversé le quotidien de nombreuses familles. Aucun successeur n’a repris son cabinet. «Ca n’est pas commode, pour un parent dont l’enfant est malade soudainement, de se déplacer en ville, souvent en voiture, pour consulter un pédiatre. D’autant plus si d’autres enfants en bas âges font partie du voyage faute de solution de garde. Et pas toujours aisé non plus de trouver une pharmacie ouverte après la consultation», décrit-il.

«Aujourd’hui, la plupart des médecins travaillent en cabinet de groupe, ce qui nécessite de plus grandes surfaces», explique Jean Altwegg. Concernant le pédiatre, l’apothicaire avait du reste été surpris que les autorités communales n’aient pas pu trouver une solution pour garder coute que coute un cabinet de pédiatrie à Peseux.

Jean Altwegg pose un constat alarmant : «Avec la disparition de certains services dans la commune, Peseux pourrait bien devenir une cité dortoir. A quoi il faut ajouter la perte fiscale due à l’exode des cabinets médicaux, mais aussi des commerces et autres services de proximité. «Il faut tout faire pour garder des pôles d’attractivité à Peseux !», lance-t-il.

Quant à l’avenir des pharmacies au village, le patron de la Grand-Rue se veut à la fois confiant et combatif. Confiant dans la population qui «continue de venir chez nous» à raison de 150 à 200 ordonnances par jour, et combatif car «on s’efforce de faire la différence par nos services, notamment par les livraisons à domicile qui représentent une quarantaine de clients quotidiens».

Pierre Alain Heubi

Comment la ville du Locle est en train de résoudre le problème de la pénurie de médecins

Peseux : «Plus le projet des halles multisports plaira au gens, plus elles auront de chances de voir le jour»

A l’origine de la construction des quartiers à loyers modérés des Tires et du Tombet, Michel Gehret a siégé 20 ans au Conseil communal de Peseux. Comment voit-il son village aujourd’hui ? Interview.

La construction de la Coop a été un projet win-win: pour l'enseigne, pour la commune et pour la population. (Photo: S. Sintz)
La construction de la Coop a été un projet win-win: pour l’enseigne, pour la commune et pour la population. (Photo: S. Sintz)

De nombreux projets ont vu le jour durant vos mandats, quelle était votre recette ?

Michel Gehret: Quand j’étais au département des Travaux publics et de la Police, je prenais un moment chaque semaine pour faire le tour du village et en observer l’état. Je recevais aussi beaucoup d’avis des habitants en faisant mes courses à la Migros ! Si beaucoup de projets ont vu le jour, c’est d’abord le fait que la population était avec nous. Il faut éviter de partir dans l’utopie dans les projets, sans quoi on perd les gens. C’est sans doute la cause de l’échec du projet de Place de la Fontaine.

Avez-vous un exemple de projet qu’il a fallu rendre moins utopique ?

La Coop des Uttins. Le promoteur voulait d’abord un magasin sur deux niveaux. Cela ne plaisait à personne. Le Conseil communal a donc fait une contre-proposition, sur un seul niveau. Coop a non seulement accepté mais elle a même participé au financement du giratoire attenant. Le secret, c’est vraiment de mettre la population et ses intérêts « dans nos projets ».

A Peseux, il reste le grand projet des halles multisports aux Chapons, vous dites « gare aux utopies » ?

Peseux a vraiment une carte à jouer aux Chapons. Plus ce projet plaira au gens, et plus il aura de chances d’exister. Il faut donc concerner la population car, pour que le projet passe le cap en votation, il faut vraiment qu’il puisse devenir « son» projet.

Propos recueillis par Pierre Alain Heubi

Dans le projet des salles multisports de Peseux, les citoyens doivent être associés à la démarche dès ses débuts. Comme ici lors de l'assemblée citoyenne du 14 mai 2016 à Peseux.
Dans le projet des salles multisports de Peseux, les citoyens doivent être associés à la démarche dès ses débuts. Ici lors de l’assemblée citoyenne du 14 mai 2016 à Peseux.

 

 

L’Echo du Vignoble joue par coeur la mélodie du vivre ensemble

Si l'Echo du Vignoble émarge à Peseux mais se produit volontiers à Neuchâtel - ici lors de la fête de la jeunesse.
Si l’Echo du Vignoble émarge à Peseux, elle se produit volontiers hors de ses frontières, comme ici lors de la Fête de la jeunesse à Neuchâtel.

«Je remarque vraiment un lien entre les jeunes de Peseux et de Corcelles-Cormondrèche», explique Olivier Simon, qui dirige l’Echo du Vignoble depuis 2015. Officiellement pourtant, la fanfare est subiéreuse si l’on s’en réfère à son oriflamme. Mais les choses changent. Par exemple, on ne dit plus “fanfare” mais “harmonie”, car l’ensemble mixe les bois (flûtes, saxophones, etc.) et non seulement des cuivres (trompettes, trombones, etc.).
Son dynamisme, ladite harmonie le tient à coup sûr de sa jeunesse : une moyenne d’âge inférieure à 20 ans, ça déménage forcément! Et ça cohabite très bien avec trois dinosaures – on sait juste qu’ils n’ont pas fondé l’Echo du Vignoble il y a 135 ans.
Olivier Simon, par ailleurs enseignant de physique et de mathématiques, ne trouve pas si différent d’enseigner la musique. «Je ne mets pas de notes aux musiciens, ils en ont assez sur leurs partitions!, lance-t-il. Et j’ai autant d’objectifs pour eux que pour mes étudiants. Dans les deux cas, le succès passe par le travail et la motivation!», assure-t-il.
Autre garante du succès: l’ambiance dans le groupe. «Si la répétition est empreinte de bonne humeur, on peut vraiment construire quelque chose ensemble. Un signe qu’on est tous détendus, c’est lorsque les musiciens osent poser des questions», explique Olivier Simon. Puis on trouve des solutions adaptées à chacun. Une dynamique qu’il recherche pareillement à l’école où la notion de classe est moins présente depuis la suppression des filières préprofessionnel, moderne et maturité au Cycle 3.
Accepter et vivre les différences de niveaux, par-delà les frontières communales, pour trouver l’harmonie, voilà une bien belle définition du “vivre ensemble” !

Pierre Alain Heubi

L'Echo du Vignoble dans le spectacle «Les haricots tragiques», avec le concours de comédiens (30 sept. et 1er oct. 2016 à la salle de spectacles à Peseux).
L’Echo du Vignoble dans le spectacle «Les haricots tragiques», avec le concours de comédiens (30 sept. et 1er oct. 2016 à la salle de spectacles à Peseux).