Peseux : «Plus le projet des halles multisports plaira au gens, plus elles auront de chances de voir le jour»

A l’origine de la construction des quartiers à loyers modérés des Tires et du Tombet, Michel Gehret a siégé 20 ans au Conseil communal de Peseux. Comment voit-il son village aujourd’hui ? Interview.

La construction de la Coop a été un projet win-win: pour l'enseigne, pour la commune et pour la population. (Photo: S. Sintz)
La construction de la Coop a été un projet win-win: pour l’enseigne, pour la commune et pour la population. (Photo: S. Sintz)

De nombreux projets ont vu le jour durant vos mandats, quelle était votre recette ?

Michel Gehret: Quand j’étais au département des Travaux publics et de la Police, je prenais un moment chaque semaine pour faire le tour du village et en observer l’état. Je recevais aussi beaucoup d’avis des habitants en faisant mes courses à la Migros ! Si beaucoup de projets ont vu le jour, c’est d’abord le fait que la population était avec nous. Il faut éviter de partir dans l’utopie dans les projets, sans quoi on perd les gens. C’est sans doute la cause de l’échec du projet de Place de la Fontaine.

Avez-vous un exemple de projet qu’il a fallu rendre moins utopique ?

La Coop des Uttins. Le promoteur voulait d’abord un magasin sur deux niveaux. Cela ne plaisait à personne. Le Conseil communal a donc fait une contre-proposition, sur un seul niveau. Coop a non seulement accepté mais elle a même participé au financement du giratoire attenant. Le secret, c’est vraiment de mettre la population et ses intérêts « dans nos projets ».

A Peseux, il reste le grand projet des halles multisports aux Chapons, vous dites « gare aux utopies » ?

Peseux a vraiment une carte à jouer aux Chapons. Plus ce projet plaira au gens, et plus il aura de chances d’exister. Il faut donc concerner la population car, pour que le projet passe le cap en votation, il faut vraiment qu’il puisse devenir « son» projet.

Propos recueillis par Pierre Alain Heubi

Dans le projet des salles multisports de Peseux, les citoyens doivent être associés à la démarche dès ses débuts. Comme ici lors de l'assemblée citoyenne du 14 mai 2016 à Peseux.
Dans le projet des salles multisports de Peseux, les citoyens doivent être associés à la démarche dès ses débuts. Ici lors de l’assemblée citoyenne du 14 mai 2016 à Peseux.

 

 

“Je verrais bien les citoyens de Peseux demander à être consultés au cours du processus de réalisation des halles multisports” Matthieu Lavoyer

Il est en charge des dicastères Sports, culture loisirs ainsi que de l’urbanisme et des transports à Peseux. Matthieu Lavoyer a rejoint l’exécutif en cours de législature, voici deux ans, dans la perspective de la fusion avec Neuchâtel ouest. Il s’investit avec pugnacité dans les dossiers chauds que sont le franchissement de Peseux et la construction de halles multisports aux Chapons. A quelques semaines de la fin de son mandat (il ne se représente pas), il livre à Peseux en mieux sa vision du développement de Peseux.  

Matthieu Lavoyer, Conseiller communal à Peseux jusqu'à fin 2016.
Matthieu Lavoyer, Conseiller communal à Peseux jusqu’à fin 2016.

Peseux en mieux : On entend toujours dire que les élus ne sont pas à l’écoute de la population, que devraient-ils faire pour que cela change?

M. Lavoyer : La question sous-entend que la population posséderait un point de vue homogène, mais c’est comme dire « les jeunes » sont comme ceci et pensent comme cela… je me méfie des généralisations. Cela dit, comme élu, je suis surpris par les interpellations des gens, que ce soit sur le trottoir ou à la Migros. J’y reçois souvent des informations totalement nouvelles, que je n’aurais jamais eues autrement, et qui seront utiles à la gouvernance de la commune. Evidemment on ne connaîtra jamais les 6’000 visages des habitants de Peseux… On peut aussi inverser votre question, beaucoup de gens ne se sentent en effet pas concernés par le travail de leurs autorités et ne connaissent pas en quoi leur rôle consiste. Si la population est indifférente aux enjeux, les autorités n’ont alors plus besoin de rendre compte de leur travail! C’est impensable, et bien dommage pour la démocratie.

Les citoyens devraient-ils plus faire pression sur les autorités?

Je suis convaincu que la collectivité doit être proactive, qu’elle doit être actrice de sa destinée. Si elle l’était davantage, bien des fonctionnements auraient déjà pu être optimisés dans notre commune. Des dossiers comme ceux de la Place de la Fontaine et des halles multisports ont traînés, alors qu’une pression exercée par les citoyens aurait pu les débloquer, les rendre prioritaires.

Est-il encore temps de réagir?

Bien sûr. Je verrais bien les citoyens demander à être consultés en cours de processus pour les halles multisports, dans une approche participative. Les autorités auront ainsi moins de peine à faire accepter le projet au final s’ils ont pris avec les gens en amont.

Sur quoi la commune de Peseux doit-elle se concentrer?

Gérer la densification de l’habitat, comme cela se fait déjà sur notre territoire, est une évidence. Peseux a un rôle à jouer au sein de l’agglomération neuchâteloise vu son tissu urbain et son réseau de transports. Mais la tâche est grande. L’engagement d’un ingénieur trafic ou d’un aménagiste s’impose nettement pour avancer dans les temps. Comme je le dis souvent: Peseux a les moyens d’un village, mais les problèmes d’une ville.

Votre rêve pour Peseux en tant que directeur du dicastère de l’urbanisme et des transports?

Je rêve qu’on développe notre urbanité de façon maîtrisée tout en en gardant certaines qualités d’un village. Que Peseux se donne enfin les moyens de ses ambitions.

Propos recueillis par Pierre Alain Heubi